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« Face aux échecs en PMA, il faut s’intéresser à toutes les solutions possibles »

Couple en PMA enlacé

Karine Mayer est psychologue spécialisée en périnatalité et infertilité. Elle nous partage ses conseils pour accepter et surmonter les échecs traversés lors du parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA). 

 

Le terme “échec” est régulièrement employé lors du parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP). Que pensez-vous de l’utilisation de ce mot ?

Pour moi, ce mot n’est pas correctement employé. On peut parler de l’échec d’une tentative, lorsque celle-ci n’a pas abouti, mais pas de l’échec du parcours PMA.

La PMA s’apparente à un marathon. Comme pour cette course, il faut y croire, persévérer et parfois renouveler les tentatives. Plusieurs étapes demandent à être traversées avant d’y arriver.

 

Il reste très difficile de se relever après une tentative sans succès. Que préconisez-vous de faire pour surmonter ces épreuves ?

En fonction des disponibilités de chacune, du travail ou encore de la famille, il est préférable d’essayer de rebondir au plus vite et de ne pas attendre. Le parcours de PMA est suffisamment long. On perd déjà beaucoup de temps tous les mois, pendant des périodes intenses dans la vie personnelle, professionnelle ou pendant les vacances. Il est donc essentiel de rester actif et, dans la mesure du possible, d’enchaîner les tentatives.

Certaines femmes ne souhaitent pas procéder de cette manière car il est difficile de repartir de plus belle après des tentative ratées. Pour y remédier, je préconise de se donner des perspectives. C’est un excellent moyen d’avancer : “Je sais que cela ne fonctionnera pas de la manière dont on aurait souhaité mais je vais essayer une Fécondation In Vitro (FIV) classique et si cela ne fonctionne pas je tenterai le don d’ovocytes.” Il ne faut pas se renfermer mais plutôt s’intéresser à toutes les solutions possibles face à l’infertilité.

Karine Mayer psychologue
Karine Mayer, psychologue spécialisée en infertilité

L’entrée en PMA en elle-même peut déjà être vécue comme un échec. Le deuil d’une grossesse naturelle doit être mené. Que dites-vous aux femmes qui sont confrontées à ce choc ?

On ne peut pas dire que c’est un deuil, mais plutôt une acceptation à mener. Je conseille de lutter et de garder en tête que beaucoup de couples infertiles réussissent et ont des enfants grâce à la PMA. Ça ne se fera pas naturellement, mais tâchons de voir les choses positivement et de se concentrer sur les solutions qui s’offrent à nous

 

Traverser la PMA, c’est être en proie à des émotions intenses. Quels sont vos conseils pour les gérer au mieux ?

Plusieurs pistes peuvent être explorées pour apprendre à mieux vivre avec ses émotions :

  • Essayer d’avoir une vie relativement normale en continuant le sport, en gardant ses habitudes quotidiennes, continuer de voir ses amis. Continuer les activités qui nous faisaient du bien avant le début du parcours aide énormément.
  • En parler à ses proches, s’ils sont des personnes de confiance et capables de comprendre. Dans la mesure du possible, en parler à ses parents, à sa famille. Cela permet d’éviter les tabous.
  • Ne pas hésiter à consulter un psychologue spécialisé dans le parcours PMA.

C’EST VOUS QUI LE DITES #MONHISTOIREPMA

Alexandra, maman d’un petit garçon de 9 ans, est en parcours PMA pour agrandir la famille depuis 2017. Elle nous partage son « truc » pour se faire du bien : 
 
« Les plus beaux moments sont ceux que je me réserve et que je m’octroie à moi-même ainsi que ceux que je partage avec ceux que j’aime. Parfois, je pars voir la mer, c’est un endroit où je me sens bien. J’aime aussi boire un bon verre de vin et surtout savoir me faire plaisir parce que ce parcours nous prive, parfois, de beaucoup de bonnes choses. »

Retrouvez le témoignage complet d’Alexandra ici.

Les proches ont souvent peur de dire une bêtise, ou de blesser. Comment leur conseillez-vous d’apporter leur soutien ?

Les personnes en parcours PMA ne doivent pas hésiter à poser des règles. Elles peuvent informer leur entourage quand il est opportun d’en parler et quand il ne l’est pas. Il semble primordial de définir un cadre avec ses proches, sans les vexer. Par exemple, on peut leur demander de ne pas envoyer des messages tous les jours car ceux-ci peuvent être oppressants et stressants. Ou leur affirmer que l’on leur partagera les nouvelles en temps voulu, quand on le souhaitera.

 

Beaucoup de femmes ressentent une lourde culpabilité tout au long du parcours PMA. Comment surmonter ce sentiment ?

Cela arrive souvent lorsque les femmes sont confrontées à une infertilité inexpliquée. On sait qu’on ne peut pas, mais sans savoir pourquoi. “C’est de ma faute, j’y pense trop”, c’est ce qu’on entend souvent… Mais non, personne n’a demandé d’avoir de l’endométriose ou une insuffisance ovarienne. Il ne faut pas culpabiliser pour quelque chose qu’on ne peut pas changer ou contrôler.

Tâchons également de ne culpabiliser sur sa vie quotidienne. Nous savons pertinemment que bien manger, ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, faire du sport sont les voies à prendre pour une vie saine. Mais ce n’est pas la solution miracle ! On fait ce que l’on peut, avec ce que l’on a. Relativiser est la meilleure option.

 

La pression est également externe, avec des remarques récurrentes comme : « tu y penses trop », « il faut lâcher prise ». Comment réagir face à ces injonctions ?

Soyons clairs : aucune étude ne démontre que le stress ou le fait de trop y penser empêche d’avoir un enfant. Ce sont des idées reçues qui sont populaires mais fausses.

Il est important d’expliquer à ces personnes extérieures la situation dans laquelle vous vous trouvez : « On m’a trouvé à moi ou à ma(on) conjoint(e) une cause d’infertilité donc ce n’est pas le stress qui m’empêche d’avoir un enfant, il y a une raison médicale. »

Couple en PMA heureux

La PMA est une épreuve pour le ou la partenaire de vie. Que peuvent-ils faire pour aider celle qui subit tous les traitements et être un réel pilier ?

Tout comme pour la maternité et la paternité, les deux conjoints ne vivent pas le parcours de PMA de la même manière.

Parfois, les femmes ont l’impression que leurs conjoints ne comprennent pas ce qu’elles vivent, car ils voient les choses différemment. Lui, pense que s’il y a un problème, il y a une solution. Et qu’il faudra la surmonter ensemble. Ce n’est pas parce qu’il ne s’investit pas autant que la femme que cela ne l’intéresse pas. Sa vision est seulement différente. La communication au sein du couple joue un rôle essentiel afin d’éclaircir ces divergences de point de vue et d’avancer.

 

Relativiser et se concentrer sur les solutions est un véritable défi. Concrètement, que pouvons-nous faire pour avancer?

À mes patients, je recommande de :

  • Se renseigner sur la réalité de la PMA avec des faits et des chiffres 

Attention, je recommande de lire des articles scientifiques ou médicaux pour avoir des avis sérieux. Évitez les forums car il y aura toujours quelqu’un qui a vécu pire que vous et ça ne vous rassurera pas.

  • Comprendre ce qui se passe, quel est le problème médical
  • Être clair sur pourquoi on s’engage dans ce parcours
  • La méditation : il est prouvé médicalement qu’elle est efficace. Essayez de la pratiquer de manière régulière, comme dix minutes avant de dormir, ou bien tous les deux jours.

L’EXPERT : Karine Mayer

Karine Mayer est psychologue spécialisée en infertilité et périnatalité. En infertilité, elle intervient auprès des personnes qui suivent un parcours de PMA (procréation médicalement assistée), que ce soit pour cause d’infertilité, pour les femmes célibataires ou pour les couples de femmes qui souhaitent avoir un enfant. 

Elle consulte dans son cabinet de Boulogne-Billancourt ou en téléconsultation. 

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